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LE MAROC HORS PISTE

CARNET DE VOYAGE / MAROC

Publié le 1 juin 2011, par Diane Laberge

VOUS CONNAISSEZ AGADIR ET VOUS CROYEZ CONNAÎTRE LE MAROC? VOUS FAITES FAUSSE ROUTE. DÉCOUVERTES S’EST AVENTURÉ DANS LE GRAND SUD EN COMPAGNIE D’UN HOMME DE CŒUR. GUIDÉ PAR KARIM NAGI – CRÉATEUR DE TREKMAROC – NOUS AVONS DÉCOUVERT UN MAROC DE PARADOXES OÙ L’ÉMOTION SE SITUE À FLEUR DE PEAU, ENTRE MONTAGNES, DÉSERT, PALMERAIES ET OASIS.

Karim – «généreux» en arabe – a le Maroc dans le sang. Berbère d’origine Amazigh – qui veut dire homme libre –, le Marocain aux yeux de braise s’enflamme juste à la pensée de tracer un itinéraire «à la carte» pour qui veut découvrir son pays. Et des tracés, il en connaît! Le trek est depuis longtemps sa spécialité. Depuis plus de vingt ans, il a parcouru son pays en tout sens, des gorges divines de l’Atlas aux plages blanches de la côte en passant par les dunes du Grand Sud. Cette fois, c’est en 4x4 que nous «pisterons» avec lui, au cœur de ce pays méconnu, habité par des gens de cœur, chaleureux, sensibles et authentiques. Un voyage qui, bien au-delà des regards, fait son chemin vers l’intérieur, interpelle et questionne au plus profond de soi. Car la rencontre avec les nomades du désert est d’abord une aventure humaine qui ne peut que ramener à l’essentiel.

JOUR 1 – MARRAKECH LA ROUGE

Arrivée à Marrakech après 7h30 de vol à partir de Montréal, avec transit à Casablanca. Karim nous y accueille chaleureusement avant de nous conduire à l’hôtel. Le premier contact inspire: son sourire est franc et son regard, sincère.

Il est un peu plus de midi et nous avons le reste de la journée libre. Pas question de traîner. Direction la médina et la Place Jemaa El-Fna. Celle que l’on appelle Marrakech la rouge porte bien son nom avec ses murets de pisé aux chaudes tonalités, datant du XIIe siècle. Un conseil: il est toujours préférable de se rendre sur la place au coucher du soleil. C’est à ce moment que la magie opère. Tous les soirs, l’endroit est bondé: de badauds, de touristes mais aussi de Marocains qui n’hésitent pas à vous lancer à l’unisson un «bienvenue au Maroc» bien senti. C’est qu’on doit avoir l’air de touristes avec nos yeux tout ronds!

Il est étrange de constater que malgré la frénésie du lieu, on sent ici une envie soudaine d’arrêter le temps et d’observer. Et des choses à voir, il y en a: du vendeur d’eau au charmeur de serpents en passant par le conteur, le saltimbanque, le marchand d’agrumes ou de pistaches, le vendeur de beignets ambulant et le tatoueur au henné. Une visite des souks est un incontournable. Un conseil: c’est ici plus cher qu’ailleurs et ce, malgré le marchandage qui lui aussi est un incontournable. Nous y avons passé un très bon moment, enivrés par la fumée des grillades et les odeurs d’épices. Difficile de se coucher tôt tellement on ne veut rien manquer!

JOUR 2 - BAIN DE CULTURE

Ca y est, c’est parti! Dès le petit matin, Karim est de retour à l’hôtel. Rendez-vous Place Jemaa El-Fna pour le chargement des deux 4x4 et la rencontre des autres membres de l’expédition: Houssein le cuisinier, Abdou – dit Bouba – et Hassan les chauffeurs, Mohammed l’artiste et Marie-Pierre de Soleil et Sourire du Maroc (voir encadré). Les sacs à dos s’empilent savamment sur les toits où on a déjà bien organisé le matériel et tout l’équipement qui nous rendra totalement autonomes lors des bivouacs. À peine 30 kilomètres au sud-est de Marrakech, direction col du Tizin-Tichka (2260 mètres d’altitude), on entre en pays berbère. Le paysage change à vue d’oeil. Plus on grimpe, plus celui-ci devient aride et sec. Modernisme oblige, les maisons ont beau être faites de pisé – mélange d’argile, de gravier et de paille –, certaines d’entre elles possèdent toutefois leurs coupoles. Si ce n’était de ça, on se demanderait si le temps ne s’est pas arrêté quelque part dans un autre siècle.

Nous prenons la route direction Télouet et visitons au passage la Kasba de Glaoui, château fort du pacha de Marrakech à la fin du XIXe siècle. Une pure merveille d’architecture avec ses portes en bois teintées de pigments naturels, ses plafonds peints, ses céramiques anciennes et ses moucharabias, sortes de grilles en fer forgé servant de fenêtres d’où les femmes du pacha pouvaient surveiller l’extérieur sans être vues. Direction Aït Benhaddou, on traverse des canyons avec des villages accrochés à la falaise ou construits en contrebas, accessibles à dos de mulets seulement. Au fil des kilomètres, apparaissent les premières oasis, vallées luxuriantes au pied de collines arides pavées de roches de plus en plus blanches. Ce soir, nous coucherons chez l’habitant, dans un gite d’étape fort sympathique. Après notre premier couscous d’agneau – un régal signé Houssein –, nos chauffeurs prendront plaisir à accompagner Mohammed aux percussions pendant que celui-ci, outar en main, nous chantera des chansons traditionnelles aux sonorités un peu tristes. Après 120km de route et 45km de piste, les fous rires sont au rendez-vous et le coucher en dortoir prendra ce soir des airs de colonie de vacances.

JOUR 3 - LES MILLE ET UNE NUITS

Il est 8 heures. Tout le monde a mangé, les 4x4 sont chargés, nous sommes prêts pour le départ. Pas de temps à perdre, il y a trop à voir. Quelques kilomètres à peine et tout le monde descend! Nous sommes arrivés à la Kasba de Aït Benhaddou, lieu de tournage d’Astérix mettant en vedette l’acteur marocain Jamel Debbouze. Le lieu est totalement magique. Cette ancienne étape de caravaniers venant du Sud est classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco depuis 1987. Il faut traverser l’oued sur des sacs de sable pour accéder au site où de nombreux artistes ont élu domicile. On y fera la rencontre d’un aquarelliste fort doué qui utilise une technique à base de pigments naturels de thé et de safran jadis mise au point pour l’envoi de messages secrets.

Nous reprenons la route vers la vallée du Draa, traversant de nombreuses plaines rocheuses avec, au loin, les sommets encore enneigés du Haut-Atlas. Dès la sortie du village de Agdz, où nous nous régalons d’un tajine d’agneau absolument divin, nous voilà dans la palmeraie où d’immenses palmiers bordent la route et la rivière sur des kilomètres. Le costume des femmes se fait noir puisque nous sommes maintenant au pays des Saharahouites. Sur la colline, on a gravé les signes arabes des mots «Dieu Patrie Roi». Il faut dire que les Marocains sont très attachés à leur roi, Mohammed VI qui, depuis dix ans, a fait beaucoup pour la réforme de la famille, le droit des femmes et le développement durable.

Nous poursuivons la route vers Zagora, l’une des plus grandes palmeraies du Maroc. Ville commerciale, Zagora était jadis une étape incontournable pour les nomades venant du désert. On y troquait des étoffes, du sel et des épices. Encore aujourd’hui, le commerce est la principale activité de la ville. On s’y arrête donc pour les provisions du soir avant de poursuivre à travers les regs et attaquer les 90km de piste. Encore une fois, le paysage change. On se croirait maintenant dans les plaines du Far West avec un petit côté Roi Lion attribuable à la présence de quelques acacias tout au long du parcours. Nous suivons la piste – que seuls Karim et les chauffeurs savent reconnaître et ce, sans aucun GPS. Comme Hassan l’affirmera lui-même en rigolant, il est venu au monde avec un GPS dans la tête.

Nous sommes maintenant dans la plaine, entourés de montagnes de terre où se dressent, en leur sommet, de véritables murailles de pierres. Il est facile de croire que cet endroit a déjà été envahi par la mer en raison des nombreux fossiles qu’on y retrouve. On y découvre les premiers campements de nomades qui, encore aujourd’hui, se déplacent sur le territoire. Le choc est brutal pour les nord-américains que nous sommes. Certains nomades viennent vers nous de façon incertaine – ils ne voient souvent personne pendant des semaines – et nous versons allégrement quelques bidons d’eau dans leurs contenants usés, donnant des bonbons aux enfants qui nous sourient de toutes leurs dents. Car il faut le dire, la plus grande leçon de vie que nous recevrons des nomades que nous rencontrerons, est une leçon de bonheur. La preuve qu’il ne faut souvent pas grand-chose pour être heureux dans la vie.

Nous arrivons finalement à Tazarine peu après le coucher du soleil. Ce soir, nous dormirons sous la tente berbère. L’endroit est tout simplement digne d’un conte des Mille et une nuits. L’ambiance sera totalement festive – avec chants et danses traditionnelles – et nous pourrons enfin nous doucher avant d’aller au lit. Me croirez-vous si je vous affirme que nous l’avons économisée cette eau!

JOUR 4 - ON A MARCHÉ SUR LA DUNE

Ce matin, on se réveille tôt avec le premier appel à la prière provenant du muezzin de Tazarine. Il est 5h20. Le campement s’active, le temps est frais et la lumière, sublime. Dès 7h45, les 4x4 sont chargés et nous, impatients de nouvelles découvertes.

Nous traversons un petit village à l’heure où les enfants entrent en classe. Ici, les cours n’ont lieu que le matin, les enfants aidant aux travaux des champs durant l’après-midi. Il est bon de les voir pédaler sur des bécanes recyclées dont a fait don une entreprise franco-marocaine.

On s’arrête pour les piles de caméra et de lampes frontales, nous en aurons besoin ce soir pour monter le bivouac sur les dunes. Nous arrivons aux portes du désert à l’heure du lunch que nous prenons à Rissani, oasis fortifiée de la dynastie royale, érigée parmi les palmiers dattiers. Ici, les bruits de la ville sont étouffés par les dunes. Le silence est étrangement bruyant. Nous sommes ici au pays des Alaouites ou les Touaregs, communément appelés hommes bleus du désert; les peaux sont plus foncées, la population plus arabisée. On en profite pour s’acheter un chech – chaleur oblige – et visiter un marchand de tapis afin d’en apprendre davantage sur les particularités propres à chaque tribu berbère, que ce soit au niveau du motif ou du matériel utilisé pour la fabrication. Ici, rien de touristique. Que de l’authentique. Marchandage inclus.

On reprend vite la route vers les dunes rouges de Merzouga où l’on veut établir le campement pour la nuit. Pendant qu’une partie de l’équipage fera la balade vers les dunes à dos de dromadaires – il n’y a pas de chameaux au Maroc –, les autres se chargent de trouver le meilleur endroit pour monter le bivouac. C’était sans compter l’ensablement d’un des 4x4. Mais on arrive à se sortir du pétrin avant la nuit que l’on passera sous les étoiles sans pouvoir aller au lit avant une heure du matin tellement tout semble trop beau pour être vrai! Avant de m’endormir, je repense aux propos du jeune chamelier qui, devant nos questions sur la simplicité de sa vie, affirmera que les biens matériels sont pour lui superflus. «Tout ce qui compte, c’est ce qu’on a là et là», de dire le jeune homme tout de bleu vêtu, pointant de sa main la tête et le cœur.

JOUR 5 - VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE

Malgré que la nuit ait été courte, nous sommes debout aux aurores pour admirer le lever du soleil sur la dune. L’effet est magique et le silence encore une fois impressionne. Seul le bruit des mules et des coqs lui fait écho au loin. Sur le sable, quelques traces de renards blancs du désert. Ca donne envie de relire Le Petit Prince de Saint-Exupéry.

Nous déjeunons sur la dune avant de plier bagage encore une fois, direction Erfoud pour la visite d’une carrière de fossiles où les ortocers, ancêtres du calmar, et autres bestioles sont incrustés dans une pierre datant de 340 à 800 millions d’années. Nous longeons ensuite le versant nord du massif du Saghro. Au fil des kilomètres, les émotions s’intensifient à chaque fois que l’on croise des familles nomades en quête d’un puits pour se ravitailler en eau, enfants, chèvres et dromadaires sur les talons. Étrangement, ils portent sur nous des regards aussi curieux que les nôtres, se demandant bien qui sont et où vont ces voyageurs d’un autre temps.

Le chemin est long pour sortir du désert mais la récompense est grandiose: les gorges de la vallée du Todra. On y pénètre comme un voyage au centre de la terre. C’est ici le point de départ de nombreux sentiers de randonnée. Nous nous arrêtons à Tamtattouchte pour la soirée et dormons dans un gite d’étape pour randonneurs. Nous ne sommes pas les seuls étrangers; autour de nous, un campement de jeunes étudiants britanniques venus peinturer l’école du village dans le cadre d’un projet humanitaire. En début de soirée, nous faisons la connaissance de Fatima, une jeune femme berbère de 34 ans, mariée, quatre enfants. La femme se fera un plaisir de discuter avec nous, Karim nous servant d’interprète. Sa vision de la famille a de quoi faire rougir. Car ici, au Maroc, la famille passe avant tout. On vit souvent sous le même toit, les plus grands s’occupant des petits, les plus jeunes de leurs aînés. Il faut voir tout l’amour dans les yeux de Fatima quand elle regarde ses enfants, assise au centre d’un salon sans canapé jouxtant l’étable. Malgré que certains puissent la plaindre, elle rayonne. Tout simplement!

Le soir, des musiciens du coin se joignent à nous pour faire la fête. Que des hommes marocains, bien évidemment. Car la femme n’a pas le droit ici de participer à ce genre de fête, c’est une question de culture. Les hommes dansent donc entre eux – et avec nous – de façon très libre et amicale. Ils ont la musique dans le sang et le bonheur tatoué au fond du cœur.

JOUR 6 - UN THÉ AU SAHARA

Nous partons tôt en direction de la Vallée des Roses que nous comptons atteindre demain. Pour y arriver, nous devrons rouler plus de 50 kilomètres sur des pistes étroites et cahoteuses, avançant à très basse vitesse. Nous grimperons ainsi jusqu’à 3000 mètres d’altitude croisant quelques campements nomades en cours de route. Voyager avec Karim – qui parle berbère et qui arrive facilement à communiquer avec eux – nous permettra de vivre des moments de grande intensité, comme celui de pouvoir partager le thé avec une famille de huit enfants souriants, assis en indien sur des tapis disposés autour du feu, à même le sol, sous un soleil brûlant. En échange, nous troquerons brosses et attache-cheveux, crème solaire et briquets. Des produits d’une valeur inimaginable pour eux.

Il nous apparaît essentiel de préciser ici l’importance de choisir avec soin avec qui on explorera ce territoire afin de le faire dans un profond respect de ceux qui l’habitent. Il est clair pour nous que les nomades sont des gens heureux malgré la difficulté de leur vie. Loin d’en avoir pitié, il est essentiel de respecter leur mode de vie tout en tentant de le rendre moins précaire. Et surtout, éviter de les déraciner. Un jour à Marrakech et c’en est fait pour eux!

Nous redescendons sur l’autre versant en suivant le lit de la rivière où coulent parfois quelques minces filets d’eau. Après avoir traversé le col Tizi N’Aït Hani (2800 mètres), nous nous arrêtons à Msemrir avant de poursuivre la descente des Gorges du Dadès dans des routes en lacets qui soulèvent les estomacs fragiles. Nous poursuivons sur 10 kilomètres de piste dans la roche rouge où poussent des lauriers roses. Nous ne sommes plus qu’à un jour de route de Marrakech et l’intensité des rouges reprend doucement le dessus sur la blancheur et les ocres du paysage. Ce soir, nous dormirons dans un riad à Boutaghrar, point d’arrivée de nombreux treks de randonnée pédestre. La journée a été particulièrement émouvante et les esprits ont besoin de sommeil. Demain, on rentre au bercail.                           

JOUR 7 - LE PARFUM DE LA ROSE

Nous voilà dans la Vallée des Roses. Quelques achats d’eau de rose et d’huile d’argan, une exclusivité marocaine. Nous nous arrêtons au passage dans la famille de Houssein, notre cuisinier, où on nous a préparé un repas généreux, à l’image des Marocains eux-mêmes. Pour eux, «mieux vaut un peu que pas du tout». Et ce peu, ils le partagent avec une joie bien réelle. Après 362 virages à partir de Ouarzazate, nous rentrons à Marrakech au soleil couchant. La ville nous apparaît encore plus rouge que dans nos souvenirs. Mais le parfum des roses et le silence du désert nous manquent déjà.

JOUR 8 - PLUS JAMAIS PAREIL

C’est le grand départ, direction Montréal. Jusqu’à la fin, Karim Nagi est là, souriant, généreux et heureux d’avoir pu nous faire découvrir et aimer ce pays qu’il chérit autant que ses enfants. Le Maroc nous a charmées autant que changées, c’est certain! Choukrane – merci la vie!

TOURISME ÉQUITABLE

Karim Nagi se préoccupe de développement durable. Pour cette raison, il ne travaille que pour les gens de son pays, s’arrêtant dans des bouis-bouis marocains à l’heure du lunch, prenant le thé à la menthe chez l’habitant et embauchant ses compatriotes à titre de muletiers, cuisiniers, chauffeurs et musiciens. Marie-Pierre Dubos a, elle aussi, une véritable passion pour son pays d’origine. Avec un groupe d’amis, la franco-marocaine a créé l’association humanitaire Soleil et Sourire du Maroc. Voulant faire sa part dans le soutien des collectivités démunies, trekmaroc Karim Nagi s’associe à l’organisme pour venir en aide aux habitants du village de Aït Ikou situé à 30 kilomètres de Beni-Mellal, entre le Moyen Atlas et la plaine de Tadla. L’association cherche à financer l’achat d’une ambulance qui permettra aux habitants de ce village isolé d’atteindre l’hôpital ou le dispensaire le plus près sans avoir à faire le trajet à dos de mules. Afin de garnir le dispensaire, Marie-Pierre se charge d’organiser, dans la commune de Léognan (France) où elle vit, diverses activités de financements - vide-greniers, concerts de l’école de musique ou journées sportives. Leur motto: «La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent.» Albert Camus

LIENS UTILES

Trekmaroc Karim Nagi

Le Maroc à pied ou en 4x4, circuits à la carte.

http://www.trekmaroc.com

Office National Marocain du Tourisme

http://www.trekmaroc.com

Volume - 7

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