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Crédit photo: Nathalie Riel

LECTEURS À L'AVENTURE - LES ÎLES

Un récit de Nathalie Riel

Publié le 27 novembre 2017,

Chez nous, au Québec, quand on dit qu’on va « AUX » îles, il ne peut s’agir que de l’archipel du golfe du Saint-Laurent, si populaire et si typique : les Îles de la Madeleine. Presque tout le monde nous a avoué qu’ils rêvaient d’y aller. Cet été, je voulais y retourner, mais cette fois avec mon amoureux, Gaétan, pour lui faire découvrir la beauté si particulière des îles.

Comme on fait du camping, je l’avais prévenu : il y vente en permanence, ça rend l’air plutôt frisquet, on n’est donc pas sûrs de se baigner même si on passe nos journées entourés par les vagues. Que ce soit lors du voyage que j’ai fait il y a 20 ans avec les enfants, ou celui que j’ai fait en 1976 avec mes parents, les photos témoignent qu’on était plus souvent vêtus de coupe-vents que de costumes de bain. Et je ne me rappelle pas m’y être baignée, non plus. (Moi, ça me prend du soleil et de la chaleur pour me baigner.)

Et bien, cette fois, nos prévisions météorologiques ont toutes été déjouées. En juillet, aux Îles, il a fait beau et chaud. Par exemple, les deux premières journées de notre séjour, il n’y avait presque pas de vent. À peine une douce brise marine qui nous chatouillait la peau. Chassez le naturel, et il revient au galop, dit-on, et c’est un vent assez impressionnant qui s’est levé après la courte pluie du vendredi. Pendant deux jours, ça nous a permis de vraiment connaître le décor des Îles quand elles sont fouettées par le vent du large et d’avoir une meilleure idée de ce que vivent les Madelinots le reste de l’année.

En six jours, nous nous sommes baignés six fois, essayant une plage différente chaque fois. Nous avons aussi fait du kayak de mer, de la randonnée et un peu de vélo. Nous avons exploré tout le territoire et, à chaque butte, nous avons découvert un nouveau panorama. D’après moi, c’est ce qui fait que les Îles sont si belles et attachantes : la variété des paysages. Contrairement à l’Île-du-Prince-Édouard que nous avons traversée — et explorée à l’aller comme au retour —, l’archipel nous a surpris à chaque tournant.

Jour 1. La traversée

Il n’y a pas grand-chose à raconter, puisque le traversier quittait Souris, sur l’Île-du-Prince-Édouard, à 14 heures et que la traversée dure cinq heures.

Combien coûte la traversée? Pour deux adultes et une voiture, il faut compter 382 $ pour l’aller-retour. À cela, on doit ajouter le 46,50 $ de péage pour traverser (aller-retour) le pont de la Confédération qui se rend à l’Île-du-Prince-Édouard, étape incontournable vers les Îles.

Nous avons fait la traversée par un temps exceptionnellement beau et nous sommes donc arrivés à 19 heures au Port de Cap-aux-Meules sur l’île du même nom. Nous avions réservé notre site au camping du Gros Cap à quelques minutes en voiture du port. Nous avions choisi un emplacement entouré de buissons pour couper le vent, mais la protection était minime. Par contre, nous avions une vue sur la mer des deux côtés du Gros Cap, et ça nous permettait de nous remplir les sens de ciel et de mer à tout moment pendant notre séjour, un vrai bonheur.

Concernant l’hébergement, notre premier choix était de faire du camping, et nous avions trouvé sur internet au moins cinq campings différents qui semblaient offrir des services à peu près équivalents. Notre choix s’est arrêté sur le camping du Gros Cap pour deux raisons principales : sa proximité avec le port puisque le jour du départ on doit s’y rendre très tôt, et la possibilité d’y faire du kayak de mer, une excursion qui nous tenait à cœur. Évidemment, pendant l’été, il est absolument nécessaire de réserver son hébergement avant de partir, car la demande est de plus en plus forte. Les Îles connaissent un véritable essor touristique ces dernières années, on nous l’a confirmé.

Jour 2. L’île du Havre-Aubert

C’est inévitable, comme il n’y a aucune vie urbaine sur l’archipel, on prend immédiatement le beat des vacances si ce n’est déjà fait. La longue traversée a ceci de formidable qu’elle met tout le monde en mode « paresse et patience » avant même notre débarquement. Le premier matin, sans avoir de plan précis, nous nous sommes mis doucement à la découverte de l’archipel en commençant par la longue plage de sable blond qui fait face au camping, de l’autre côté de l’anse : la plage de la Martinique. Je ne sais pas d’où elle tient son nom, mais oui, on se croirait dans une île du sud. Nous nous sommes baignés immédiatement. L’eau était froide, car nous sommes du côté sud des îles, mais supportable.

Ensuite, nous sommes allés vers le village d’Havre-Aubert, et le hasard nous a fait grimper au sommet de la Butte des Demoiselles d’où on a une vue panoramique jusqu’aux confins de l’archipel. Nous avons piqueniqué en admirant le paysage et en regardant le spectacle d’un expert en cerf-volant qui se pratiquait devant nous.

Puis, nous sommes descendus à La Grave, magnifique petit rassemblement de cabanes de bois typiques qui abritent des boutiques de souvenirs, des restos et le célèbre Café de la Grave. C’est là que les Madelinots nous ont confirmé qu’ils n’avaient pas vu une période aussi longue de beau temps depuis longtemps. Les Madelinots sont très accueillants, très cools aussi. Ils nous mettent immédiatement à l’aise et en confiance, et nous donnent le goût de partager leur mode de vie. Je crois qu’ils sont conscients de vivre dans un petit paradis.

Après quelques achats de souvenirs, nous avons continué à faire le tour de l’île du Havre-Aubert en nous dirigeant vers le village de Bassin. En nous approchant du phare (qui est maintenant une propriété privée), nous avons découvert un sentier d’herbe coupée qui longe les falaises, et c’était parfait pour faire un premier tour de vélo avec une vue époustouflante sur la mer et les falaises.

De retour sur la route, à l’extrémité de l’île, nous nous sommes stationnés à la plage de la Dune de l’Ouest et nous avons découvert l’endroit parfait pour nous baigner : grosses vagues et eau chaude grâce au Gulf Stream. Cette baignade me rappelait les meilleurs moments de nos baignades au Costa Rica, rien de moins. Une excellente fin d’après-midi.

Jour 3. Pointe-aux-Loups, Grosse-Île et Île de la Grande Entrée

Une très grosse averse nous a réveillés ce matin-là. En seize jours de voyage, ce sera le seul matin où nous irons déjeuner au restaurant en attendant que ça cesse. Sous la pluie qui diminue, nous roulons ensuite vers l’autre extrémité de l’archipel. À Pointe-aux-Loups, on arrête visiter la Maison du Héron, où nous trouverons de jolis souvenirs, tous créés par Madame Chevarie, l’artiste qui nous a accueillis avec beaucoup de générosité.

Puis, nous nous arrêtons pour visiter le pavillon de la mine de sel, où la présentation de leurs activités par une animatrice est très intéressante. En sortant, la pluie a déjà cessé. Nous explorons chacune des routes de Grosse-Île, mais c’est à l’île Boudreau que nous choisissons d’aller marcher. Le paysage est particulièrement spectaculaire à cause de la forme des falaises. Le sentier n’est pas très long, deux kilomètres, et assez facile. Nous avons pris le temps de piqueniquer en haut de la falaise en admirant la mer. Nous étions seuls à cet endroit idyllique, comme si souvent quand on explore les chemins de travers. J’en garde une très forte impression de plénitude et de calme.

En revenant vers Cap-aux-Meules, nous nous sommes arrêtés à la plage de la Dune du Nord pour nous baigner. L’eau était relativement chaude et les vagues étaient fortes : la baignade était très satisfaisante. Nous finirons la journée en explorant le côté sud d’Havre-aux-Maisons, le coin le plus photogénique de l’archipel. La lumière de fin d’après-midi nous a aidés à prendre d’excellentes photos.

Jour 4. Jour de grand vent, le tour de l’île centrale

Le vent s’est levé et notre tente lui résiste comme une bonne, mais c’est impossible de faire du vélo un jour comme ça. C’est donc aujourd’hui que nous visitons notre île dans ses moindres recoins. 

L’île centrale de Cap-aux-Meules est composée de trois villages : Cap-aux-Meules, L’Étang-du-Nord et Fatima. Nous sommes arrêtés brièvement à la grande église Saint-Pierre de la Vernière pour faire quelques photos. Puis nous sommes montés à la Butte du Vent, d’où nous voyons tout l’archipel. De très loin, nous pouvons voir les vagues énormes qui frappent la côte nord de l’île : c’est là que nous irons ensuite.

Nous avons d’abord visité La Côte où nous avons trouvé avec plaisir l’atelier-boutique du peintre Beaudoin. Nous avions remarqué ses toiles sur le traversier, et le moment est venu de choisir une reproduction, comme souvenir. Nous avons exploré les environs, en tentant un peu inutilement de rejoindre la côte vis-à-vis la grande épave du Corfu qui est échouée là, tout près.

Puis, nous sommes montés le long du chemin des caps jusqu’au phare du Cap Hérissé, pour ensuite marcher le long des grandes falaises rouges frappées par les fortes vagues. C’est une journée très oxygénante, et nous en avons avalé, du vent! Plus tard, nous sommes allés nous étendre sur la plage du Corfu, en passant devant la Brasserie À l’abri de la tempête. Il y avait quelques surfeurs en herbe qui s’amusaient. C’était l’endroit idéal pour se baigner, se reposer et décrocher. Les vraies vacances.

Ce samedi soir, il y avait un festival à la marina et les Madelinots aussi avaient l’air d’être en vacances par cette magnifique soirée d’été. Après le souper, nous sommes montés sur le chemin des Cyr pour assister au coucher du soleil, c’était l’endroit parfait, il y avait plusieurs petits groupes qui avaient eu la même idée.

Jour 5. Jour de lumière, Sandy Hook

Marcher sans fin sur une plage de sable blond, un rêve n’est-ce pas? Dans deux guides différents, j’avais lu que la promenade jusqu’au bout du banc de Sandy Hook valait la peine. C’est une marche de 2 h 30. Comme si on s’attaquait à une montagne, nous avons préparé nos sacs à dos et les avons remplis d’eau, de sandwichs et de serviettes de plage. Arrivés au bout du — si bien nommé — chemin du Sable, un Madelinot nous a confirmé qu’on était au bon endroit, mais il semblait nous trouver un peu fous de vouloir marcher jusque là-bas.

Au début, on a rejoint deux jeunes familles qui s’éloignaient elles aussi vers le bout du banc, mais nous les avons dépassées, et ensuite on a été seuls pendant un long moment à marcher le long de la plage. Nous avons croisé un couple à l’aller, nous avons vu de loin un autre couple près de l’extrémité et nous avons croisé six personnes pendant notre retour à la civilisation. Marcher sur le sable pendant cinq heures en voyant si peu de gens est une expérience assez intense. Au bout de notre longue marche, la récompense ultime : la mer à perte de vue. Et l’île d’Entrée qui semble toute proche.

À notre retour, brûlés dans les deux sens, nous sommes allés nous réfugier au Café de la Grave pour boire quelque chose de rafraîchissant, à l’ombre de la belle grande salle. Je sentais mes yeux affaiblis d’avoir vu autant de lumière. Nous avions besoin de repos. Nous avons passé la soirée au camping, à regarder les étoiles s’allumer dans le ciel.

Jour 6. Escapade en kayak

Notre excursion en kayak était réservée depuis deux jours. Laurence, notre guide, nous a expliqué les bases du kayak de mer, car c’était notre première fois. Quelle belle activité! Avoir su que c’était si simple, je crois qu’on aurait pu partir seuls, sans guide. Le kayak en duo est vraiment stable et Gaétan le conduisait comme un pro. Notre guide nous a amenés traverser des tunnels sous les falaises, voir les oiseaux de plus près et pagayer en pleine mer. Wow! Trois heures de pur bonheur.

Nous sommes ensuite allés manger une bonne poutine de homard et une queue de homard tempura en pogo à LA cantine. Puis, pour brûler quelques calories, nous avons pédalé le long du sentier du littoral, un court sentier asphalté le long de Cap-aux-Meules. Enfin, nous sommes allés nous baigner à la plage de la Dune du Sud qui était à l’abri du vent, car à la plage de l’Hôpital c’était trop venteux. Nous avons fini la journée en faisant nos courses de spécialités locales : palourdes en conserve, pétoncles, fromages et bières artisanales. Miumm!

Nous avons quitté les Îles le lendemain matin, par le traversier de 8 heures. C’était un court séjour, mais nous en avons bien profité pour faire le plein d’air marin, de soleil et de sable chaud. J’en suis venue à la conclusion que les Îles de la Madeleine sont une destination parfaite pour les amoureux. Il y a place à beaucoup de romantisme dans ces grands espaces dénudés, ces plages interminables et ces soupers gastronomiques de fruits de mer.


les bonnes adresses pour casser la croute

Nous avons pris l’essentiel de nos petits déjeuners au camping et la plupart de nos dîners étaient des pique-niques, mais nous nous sommes payé des soupers extraordinaires de fruits de mer et de poisson. Voici quelques restaurants que nous recommandons chaudement.

La Table des Roy: L’excellence à tous points de vue. La réputation du restaurant n’est plus à faire, cette table est vraiment remarquable. Notre vin était une rareté. Nos plats, de homard, de crabe, et de morue, étaient excellents. La présentation est spectaculaire, mais pas trop. C’est assez cher, évidemment.

restaurantlatabledesroy.com

Decker Boy: Casse-croûte situé en dehors des routes principales et fréquenté surtout par des Madelinots, il offre une pizza aux fruits de mer qui vaut amplement le détour. On aurait dû y retourner une deuxième fois avant de partir. Accueil et service très agréables.

deckerboy.com

Le Bistro du Capitaine: Fréquenté surtout par des Madelinots en ce samedi soir, leur fish‘n chips est excellent. Le décor, la vue sur la marina et la petite terrasse abritée, tout ça en fait un endroit très chaleureux.

facebook.com/bistroducapitaine

Le Vieux Couvent: Les Madelinots nous l’avaient recommandé, la salle à manger spectaculaire a achevé de nous convaincre d’y souper malgré les prix élevés. Nous avons très bien mangé, encore une fois des fruits de mer, et le service était vraiment sympathique.

domaineduvieuxcouvent.com

LA cantine: Une usine de transformation de fruits de mer d’un côté, une boutique et une cantine de l’autre. L’endroit est réputé pour ses poutines au homard, délectables, quoiqu’un peu trop salées. Nous en avons profité pour acheter des produits en conserve.

www.lrdi.ca/cantine

Boulangerie Madelon: C’est l’endroit idéal pour acheter des sandwichs et autres mets préparés pour le pique-nique, mais surtout, c’est le seul endroit de l’île où on a bu un vrai bon cappucino, toujours difficile à trouver. Je crois qu’ils torréfient leurs grains de café sur place.

facebook.com/Boulangerie-Madelon

Et, enfin, il y a trois boutiques artisanales incontournables à visiter pour acheter leurs produits : la fromagerie Pied-de-Vent, le Fumoir d’Antan et la micro-brasserie À l’abri de la tempête qui est aussi l’endroit le plus populaire de l’archipel actuellement.

Pour plus d'informations sur les Îles de la Madeleine, rendez-vous sur le site web de Tourisme Îles de la Madeleine.

À propos de Nathalie Riel

J’aime explorer le moindre recoin, passer par un sentier moins fréquenté, essayer de me perdre dans une ville. À marcher tout au long de la journée, on en couvre du territoire. Et, en plus d’être voyageuse, j’ai une excellente mémoire. Mémoire photographique et géographique, je peux vous raconter mes itinéraires dans les moindres détails et retrouver mon chemin  20 ans plus tard (je l’ai testé!). Car c’est dans ma nature, presque comme un don que j’aurais reçu à la naissance, de cartographier mentalement les lieux où je voyage. J’aime lire les cartes géographiques, j’aime les guides de voyage et, surtout, j’aime voyager.

À 20 ans, je suis partie explorer l’Europe pendant trois mois. J’ai fait le tour des auberges de jeunesse, en bus, en train, en stop. Depuis, j’y suis retournée plusieurs fois pour visiter une région ou une ville : Andalousie, Pays basque, Bretagne, Provence, Pyrénées, Dordogne, Loire, Catalogne, Italie, Sicile, Croatie, Turquie, Vienne, Munich, Amsterdam, Helsinki, Londres et Paris. Et aussi la Côte Est des États-Unis, la Californie, Cuba, le Yucatan, le Costa Rica, l’Ouest canadien et les Maritimes. J’en oublie sûrement. 

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