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photo Louis Laliberté

MARCEL BOUCHARD

DÉCOUVERTES DU MONDE

Publié le 1 décembre 2013,

 

DEPUIS NOS TOUS DÉBUTS, IL ACCEPTE DE SIGNER LE MOT DE LA FIN DE NOTRE MAGAZINE. ENSEIGNANT EN ÉDUCATION PHYSIQUE DE FORMATION, IL A ENSEIGNÉ PENDANT 35 ANS AU COLLÉGIAL. CHRONIQUEUR À SALUT BONJOUR WEEKEND DEPUIS PRÈS DE 20 ANS, MARCEL BOUCHARD EST UN HOMME FONCEUR ET ENGAGÉ POUR LA CAUSE DE LA PRATIQUE DE L’ACTIVITÉ PHYSIQUE, DU PLEIN AIR ET DE L’ACQUISITION DE SAINES HABITUDES DE VIE. IL PORTE CE MESSAGE DEPUIS SA SORTIE DE L’UNIVERSITÉ EN 1976. IL N’A PAS LA LANGUE DANS SA POCHE ET DONNE LE TON QUAND VIENT LE TEMPS DE DÉNONCER, MAIS C’EST AVEC PASSION QU’IL LE FAIT ET DANS L’INTÉRÊT DE LA COMMUNAUTÉ. IL S’EST TRACÉ UN CHEMIN À TRAVERS LES MÉDIAS QUÉBÉCOIS JUSQU’À NOUS ET DÉCOUVERTES S’EST ENTRETENU AVEC LUI POUR EN CONNAÎTRE DAVANTAGE SUR CE PERSONNAGE AU FRANC PARLÉ, FORT APPRÉCIÉ DU PUBLIC QUÉBÉCOIS.

MARCEL, QUEL EST TON RÔLE DANS LES MÉDIAS QUÉBÉCOIS, TON MESSAGE, TA CAUSE? Promouvoir l’activité physique dans la vie et à l’école. C’est très simple, nos jeunes n’en font pas assez! C’est à nous, à travers leur éducation, de leur inculquer cette valeur dès leur jeune âge. Sur cet aspect, le ministère de l’Éducation agit de façon non responsable et je tiens à le souligner. On se vante de faire bouger les enfants du primaire 2h par cycle de 9 jours à l’école!! Trop longtemps on a considéré l’éducation physique comme une matière de second ordre à l’école, alors que l’on n’a jamais entendu parler que quelqu’un était mort de ne pas avoir fait de mathématiques. Tous les jours il y a des gens qui meurent de ne pas faire d’activité physique. Il est grand temps que les autorités comprennent que le cerveau humain fonctionne à l’oxygène et que le mouvement est dans notre nature, l’équation est simple: «On habite une planète en mouvement, si on ne bouge pas, on se fait éliminer!»  C’est ce que j’appelle la selection naturelle. Il est clair qu’en intégrant davantage d’exercice dans nos programmes et dans nos modes de vie, nous aurions moins de problèmes comportementaux à gérer, nous serions plus productifs et nous occuperions certainement une place plus enviable dans la statistique de la santé physique et mentale. La capacité que l’on a à se réaliser dans la vie est directement liée à l’énergie que l’on a à y investir.

 

D’OÙ TE VIENT CETTE PASSION POUR LE QUÉBEC? Je suis un p’tit gars de la Côte-Nord, des Escoumins pour être plus précis. Ceux qui y sont déjà allés savent que nous sommes là-bas très près de la nature. À l’époque, j’étais déjà inspiré par les travaux du commandant Cousteau et une émission de ma jeunesse «La vie qui bat». Je suis un produit québécois, j’ai été élevé aux histoires des coureurs des bois et j’ai eu un père qui a parcouru l’hiver québécois à bord de son snowmobile, le premier sur la Côte-Nord. Très vite, je me suis rendu compte que rien ne sert d’envier ce qu’il y a ailleurs, nous avons tout ici. Les saisons, les reliefs, les plans d’eau, bref, ces richesses naturelles sont l’une de nos grandes forces. Notre autre grande force, selon moi, est les ressources humaines. Des Québécois qui côtoient ces richesses, se les approprient, apprennent à les connaître pour les aimer (et les aimer pour les protéger), les interprètent et les mettent en valeur.

 

COMMENT DÉCRIRAIS-TU L’UNIVERS SPORT, PLEIN AIR ET LOISIR DANS LEQUEL TU ÉVOLUES, AVEC SES FORCES ET SES FAIBLESSES? Nous sommes de plus en plus conscients de ce que nous avons et nous tentons de le développer pour le protéger et le mettre en valeur. Cependant, ce développement se fait en ce moment au détriment de la population plutôt qu’en collaboration avec celle-ci. Par exemple, nous créons des parcs, ce qui est très bien en ce qui concerne la mise en valeur et la protection. En même temps, nous nous approprions le territoire et en dépossédons les habitants de la région qui en bénéficiaient et le conservaient pourtant depuis des générations. Il faudrait peut-être considérer les populations locales dans les plans et trouver des compromis. Nous avons besoin d’être guidés dans notre développement.

 

COMMENT VOIS-TU CET UNIVERS AUJOURD’HUI, SI ON REMONTE À 20 ANS EN ARRIÈRE? Il y a 20 ans, l’appellation Plein air se résumait à la chasse, à la pêche et on découvrait les premiers kayaks de mer. En 1980, lors d’un voyage en Suède, je me suis baladé pour la première fois sur une piste de randonnée pédestre. Nous en étions encore bien loin au Québec. Nous étions encore bien loin de comprendre qu’investir dans ce genre d’infrastructures, c’était ça investir dans la santé. Lorsqu’on investit dans les hôpitaux, on investit dans la maladie.

 

La mission de ce que nous appelons aujourd’hui le Plein air est de définir et de démocratiser l’ensemble de ces activités. Il faut occuper le territoire pour éviter sa détérioration, un peu à la manière des motoneigistes qui sont ni plus ni moins devenus les yeux de l’environnement au Québec. Cette communauté est composée de gens informés et sensibilisés à la protection de l’environnement. Quand on habite un grand territoire, on doit l’occuper, sinon, on se fait squatter, on y jette des déchets, on y coupe des arbres sans autorisation, etc. S’il y a des gens comme les motoneigistes qui y circulent, il y a des yeux qui voient et des gens qui dénoncent les mauvais comportements. On devient alors des agents protecteurs de l’environnement.

 

SOMMES-NOUS DE BONS AMBASSADEURS DE NOTRE PRODUIT, COMMENT POURRAIT-ON ALLER AU-DELÀ DE CE QUE L’ON FAIT DÉJÀ? Nous sommes de bons ambassadeurs, mais nous ne sommes pas les premiers. On se découvre à travers le regard des autres. L’observation des baleines en est un excellent exemple. Nous pouvons devenir de très bons faire-valoir (les Croisières AML, les Croisières Lachance, le Groupe Dufour, etc.), il nous suffit de montrer la ressource et de la vendre, mais avant de l’exploiter, il est primordial de la respecter.

 

QUELLE IMPORTANCE ACCORDES-TU AUX MAGAZINES PLEIN AIR COMME DÉCOUVERTES DANS LE PAYSAGE QUÉBÉCOIS? Des initiatives comme ce magazine sont des outils essentiels de promotion et de mise en valeur. Ils débusquent les produits où ils se trouvent et les présentent à grande échelle. Il serait certainement très profitable de les exporter en Europe et aux États-Unis. De toute façon, cela deviendra inévitable avec le Web.

 

QUELS SONT TES PROJETS, QUE DOIT-ON S’ATTENDRE DE MARCEL BOUCHARD DANS LE FUTUR? Des projets? J’en ai et je n’en ai pas. Je compose avec la météo, les saisons et ce qui se passe dans l’actualité du mouvement. Je m’efforce de garder un certain sens des occasions et je vis mes passions à travers les saisons. L’été sur l’eau, l’automne dans les feuilles, l’hiver dans la neige et le printemps dans la boue. Ensuite, je m’essuie et je recommence.

 

Avec TVA, j’ai la chance de rejoindre les gens à qui je veux parler. Je souhaite continuer d’évoluer et poursuivre mes conférences.

 

QUELLE EST TA RECETTE PERSONNELLE POUR MAINTENIR TON MODE DE VIE? Très simple: «Rester actif et en mouvement et tenter de donner le goût du mouvement par l’exemple.» Il y a tant de choses qui restent à voir!!

 

QU’EST-CE QU’ON NE SAIT PAS DE MARCEL BOUCHARD QUI POURRAIT NOUS SURPRENDRE? Rien! Comme on dit: «What you see is what you get». Ce n’est pas vieillir qui est difficile, c’est de faire vieillir ses activités. On n’arrête pas de bouger parce que l’on vieillit, mais on vieillit parce qu’on arrête de bouger!

 

Tant qu’il me restera un souffle de vie, je penserai à ces jeunes que l’on assoit et attache sur leur chaise pendant des journées complètes sans avoir le droit de bouger!! On va systématiquement contre leur nature. On les dénature et on forme nos décrocheurs!!

 

ON N’A PAS TOUS BESOIN DE LA MÊME QUANTITÉ DE MOUVEMENT, MAIS ON A TOUS BESOIN DE BOUGER!!!

 

Marcel Bouchard merci pour cet entretien.

Volume - 12

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