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PAS DE RÉPIT POUR LOUIS GARNEAU

ENTREVUE / LOUIS GARNEAU

Publié le 1 juin 2012,

FIGURE BIEN CONNUE DU VÉLO, AUSSI BIEN AU QUÉBEC QUE DANS LE MONDE, LOUIS GARNEAU A LITTÉRALEMENT VOYAGÉ PAR MONTS ET PAR VAUX. À UNE CERTAINE ÉPOQUE, IL A DÉCOUVERT LE MONDE ASSIS SUR UNE SELLE DE VÉLO, À PÉDALER. AUJOURD’HUI, IL SE PROMÈNE ENCORE, MAIS CETTE FOIS POUR BRASSER DES AFFAIRES. AU FIL DU TEMPS, LE CYCLISTE, DÉSORMAIS HOMME D’AFFAIRES, A PARCOURU UNE BONNE PARTIE DU GLOBE. SANS SURPRISE, C’EST SUR LA ROUTE QUE DÉCOUVERTES A PU DISCUTER AVEC LUI DE L’IMPORTANCE DU VOYAGE POUR LUI. ET NE VOUS EN ÉTONNEZ PAS, LOUIS GARNEAU AIMERAIT BIEN MOINS VOYAGER POUR EN PROFITER DAVANTAGE!

QU’EST-CE QUE LE VOYAGE REPRÉSENTE POUR VOUS? C’est bien connu, les voyages forment la jeunesse! Ça m’a beaucoup fait grandir, ça a été une belle coupure avec mes parents. J’ai voyagé très jeune pour aller faire beaucoup de compétitions de vélo un peu partout à travers le monde, en Belgique, en France, en Australie, avec trois championnats d’Europe, les Jeux du Commonwealth. J’ai beaucoup appris, vu beaucoup de choses. Ça m’a ouvert l’esprit, les horizons. Aujourd’hui, je voyage de façon un peu plus luxueuse, parce que c’est davantage pour les affaires.

 

QUE RETENEZ-VOUS DE VOS VOYAGES? On devrait tous voyager. Ça permet d’avoir une meilleure vision de l’économie, de la politique et de notre propre pays. Ça permet de se comparer. On est souvent porté à se plaindre le ventre plein et, quand on va dans des pays moins riches, on se rend compte que le Canada est un pays extraordinaire et que l’on vit dans de bonnes conditions.

 

QUELS SONT LES TRUCS QUE VOUS AVEZ DÉVELOPPÉS DURANT VOS PÉRIPLES? Avec le vélo, j’ai dû développer un protocole, une liste de tout ce qu’il faut faire avant de partir. S’il te manque tes souliers avant d’aller à une compétition à l’international, ça peut ruiner le voyage! J’ai appris à me débrouiller et à être très préventif. J’imagine le pire quand je voyage. J’amène toujours des médicaments, au cas où. J’ai aussi appris plusieurs trucs sur l’habillement. J’ai développé une bonne gestion des vêtements. Souvent, les gens amènent trop de linges, trop d’affaires avec eux. Depuis quelques années maintenant, je m’habille tout le temps en noir, parce que ça ne tâche pas. Si je m’éclabousse avec du café le matin sur une chemise noire, ça ne paraîtra pas le soir!

 

ET EN TANT QU’HOMME D’AFFAIRES, COMMENT VOYAGER VOUS A-T-IL INFLUENCÉ? Un énorme impact: ça m’a permis de développer une autre vision du monde, une meilleure vue d’ensemble. Ma première idée, quand j’ai démarré ma compagnie, ç’a été de me dire que j’allais vendre mes produits dans le plus de pays possible. Dans les années 80, je testais mes produits durant les compétitions à l’étranger, cela aussi a été formateur. Aujourd’hui, à force d’avoir voyagé, maintenant, pour moi, aller en Europe, c’est comme aller à Ottawa. Cela prend quatre heures en voiture pour se rendre à Ottawa (de Québec), six heures pour être de l’autre côté de l’Atlantique. Je me bats aujourd’hui un peu de la même façon que je lefaisais à l’époque de mes compétitions à vélo: C’est bien connu, les voyages forment la jeunesse! Ça m’a beaucoup fait grandir... avant, j’allais dans un autre pays pour gagnerdes médailles, maintenant j’y vais pour gagner des parts de marché.

 

EN QUOI ÉTAIT-CE DIFFÉRENT DE VOYAGER SURTOUT À VÉLO COMME VOUS L’AVEZ FAIT? J’allais à la guerre, je ne voyageais pas pour le plaisir! En plus, nous n’avions pas beaucoup de temps pour visiter un pays et faire du tourisme. Quand j’arrivais dans un nouveau pays, je le découvrais d’abord avec l’entraînement, à pédaler sur les routes, en rencontrant les gens et, à vélo, j’ai pu capter certaines choses, des odeurs, des perceptions. C’était également agréable de découvrir la nourriture, les gens, mais ce n’est pas comme voyager purement pour le plaisir et la découverte. J’y trouvais malgré tout mon bonheur.

 

QU’EST-CE QUE VOUS AIMEZ DÉCOUVRIR? Je suis un grand admirateur d’art – j’ai un baccalauréat en arts plastiques, je n’ai pas étudié en gestion – et dans chaque ville où j’allais, je me précipitais pour voir l’église ou la cathédrale locale, parce que généralement, c’est le plus beau bâtiment à voir, surtout dans les petits villages, un peu comme chez nous au Québec. Je suis toujours fasciné par la richesse de l’architecture en Europe.

 

LE VOYAGE QUI VOUS A LE PLUS MARQUÉ? La première fois que je suis allé en Chine, c’était il y a une dizaine d’années. Je me sentais dans un monde complètement différent: des portions de villes ressemblaient à des ghettos, d’autres étaient encore très traditionnelles. Les choses ont beaucoup changé depuis, la Chine s’est modernisée à la vitesse de la lumière. Aujourd’hui, cela ressemble davantage à ce qu’on connaît, j’y suis plus adapté, mais je me souviens à l’époque avoir été très impressionné par le pays.

 

COMMENT PERCEVEZ-VOUS LE VOYAGE DÉSORMAIS? C’est un peu punitif en fait, parce qu’un voyage signifie généralement que ce sera pour les affaires. Récemment, en 60 jours, je suis passé par l’Allemagne, le Japon, le Mexique et les États-Unis. C’est difficile de constamment vivre dans des hôtels, ce n’est pas reposant. Évidemment, il y a toujours des plages de visites qui permettent de capter des moments de vie, comme un repas autour d’une bonne bouteille de vin, ou encore des rencontres intéressantes. Mais si j’avais le choix, je ne voyagerais plus pendant un bout de temps. Je voyage tellement par affaires que je n’ai pas beaucoup de temps pour me ramener à mes bases, être dans mes affaires.

 

À QUAND LES VOYAGES POUR LE PLAISIR ALORS? Il va falloir que j’arrête de travailler pour cela! Je parviens quand même à voyager pour le plaisir de temps à autre. Je suis allé récemment à New York, qui est une de mes villes favorites. J’y apprécie la culture, m’imprégner de la ville, qui est à la fois énergétique et romantique. Quand je veux voyager simplement pour me détendre, j’essaie de me rendre sur les plages de la République dominicaine. Mais c’est difficile, je suis assez occupé. J’adore aller en Floride, où j’ai une résidence. Ce n’est pas la plus belle place au monde, mais il y a plein de cyclistes qui organisent des activités de groupe. Ça m’a redonné le goût de faire du vélo. Aujourd’hui, je peux savourer le vélo sans la pression de la compétition.

 

LOUIS GARNEAU EN QUELQUE LIGNES

Son nom est synonyme de vélo un peu partout au Québec. Avant d’être un fabricant de vêtements cyclistes et de vélocipèdes, Louis Garneau a lui-même mangé du bitume, participant à de nombreuses compétitions de vélo de route. Né en 1958, il commence la compétition de haut niveau alors qu’il est à l’Université Laval, où il étudie en arts plastiques. Il devient champion canadien de cyclisme en 1978. S’ensuit une carrière internationale: il participe deux fois aux Jeux du Commonwealth, trois fois aux championnats du monde. À deux reprises, il est sélectionné pour les Jeux Olympiques pour représenter le Canada, mais ne sera que des Jeux de Los Angeles en 1984, les Jeux de Moscou ayant fait l’objet d’un boycott. En tout, Louis Garneau a récolté quelque 150 victoires en treize saisons de course. Aidé par sa conjointe, c’est en 1983 qu’il fait ses premiers essais en vêtements cyclistes. Il lancera officiellement sa compagnie l’année suivante, au moment où il se retire de la compétition. Aujourd’hui, sa compagnie, Louis Garneau Sports, embauche plus de 425 personnes et vend des produits au logo «LG» dans 35 pays à travers le monde. Il est fait Chevalier de l’ordre national du Québec en 1997. Âgé de 53 ans, il dit encore être capable de suivre les jeunes cyclistes – à 50km/heure, quand même!

Volume - 9

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